Jeudecriture

Partez pour revenir à l’essentiel…Che Guevara

20 décembre, 2007

La rue

Classé dans : Poemes,Voiedoree — Sbreccia @ 1:40

C’est une rue,
Pas très longue,
Pas très large non plus,
Bordée de chaque côté par de grands murs nus.
C’est une rue,
Où l’on ne passe plus,
Mais on entend encore
Le raclement des chaînes sur le pavé,
Le frottement hésitant des pieds nus.
C’est une rue,
Où l’herbe a poussé,
Des traces de sang en pointillé
Marquent le sentier.
C’est une rue,
Pleine de larmes,
De peur,
D’angoisse,
De gémissements,
De cris étouffés.
C’est une rue
Qui finit sur une petite place,
La place des condamnés
Où ceux qui voulaient la liberté
Étaient exécutés.

Jamais..

Classé dans : Poemes,Voiedoree — Sbreccia @ 1:38

Quand on dit jamais on comprend : pas encore
Où ferme-t-on la porte à ce que l’on refuse?
Ce mot tant prononcé couvre parfois la ruse
D’un mensonge chargé de masquer notre tort :

Jamais en février fleurissent les fruitiers,
Jamais toi tant aimée ne pourrais t’oublier,
Jamais ces mots cruels ne les ai prononcés,
Jamais notre amitié un jour pourra cesser.

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13 décembre, 2007

La belle cafrine

Classé dans : Poemes,Voiedoree — Sbreccia @ 12:33

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Sous ses cheveux rebelles par un noeud obligés
De rester en arrière, le front haut se dégage,
Lisse, au-dessus des sourcils épilés
Qu’un trait de noir souligne encore davantage

Ses yeux sombres au regard lointain
Traversent en un instant les objets et les êtres
Par hasard disposés le long de son chemin
Et qu’elle ne souhaite pas vouloir reconnaître.

Son nez discret, à peine élargi,
Forme avec sa bouche aux lèvres épanouies
Un ensemble harmonieux au charme un peu étrange
Sans heurt ni défaut, sans que rien ne dérange.

Ses traits ainsi sculptés par des enlacements
D’amours informatés, dont il semble
Que nature ait choisi simplement
D’en garder le meilleur au fil des années,
Portent en eux le message de la chose achevée.

Mais ce qui émerveille, plus encore que l’aspect
De son visage bronzé luisant sous le soleil,
C’est le plaisir suprême, vécu avec respect,
De pouvoir contempler sa marche sans pareille :

Son allure de reine, aérienne et lascive
Gardienne d’un héritage dont on ne sait l’issue,
La transporte, gazelle aux formes suggestives,
Ici où là, partout, sans jamais qu’elle ne mue.

Même l’air s’écarte pour la laisser passer,
Respectueux de sa grâce et de sa majesté
Frôlant à peine,d’ un souffle, pour ne l’effaroucher
La soie de sa vêture qu’il fait juste remuer.

Si un moment bénit vous fait un jour croiser
Cette belle cafrine, jamais je vous le jure,
Aussi longtemps que la vie vous dure
Jamais, au grand jamais, ne pourrez l’oublier.

La Reunion

Classé dans : Poemes,Voiedoree — Sbreccia @ 12:27

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Dans un grondement sourd, trop longtemps contenu,
Tu as poussé la mer, fumante sous tes assauts
Bouillonnante de rage, impuissante et vaincue
Devant l’ardeur sauvage qui t’a sortie des eaux.

Placée à cet endroit selon ta volonté,
Dominant l’océan honteux et humilié
Tu as vomi ta pierre encore liquéfiée
Jusqu’à ce que ta taille en soit délimitée.

Plantée là, seule, fière et dominatrice
Comme un sein de femme au mamelon dressé
Tu règnes sans partage sur les flots apaisés
Repoussant à tes pieds l’eau tiède de ta matrice.

Et pourtant quelquefois, à jamais détrônée,
L’onde, profitant de ton calme, soudain s’enfle et se rue,
Par sa force t’arrache un pan de terre nue
Pour tenter de reprendre l’espace dérobé.

Orgueilleuse et suprême, ton ventre s’ouvre à nouveau
Et dans un grand sursaut sorti de tes entrailles
Tu reprends bruyamment au grand maître des eaux
Plus que t’avait ravi cette piètre canaille.

Qui pourrait t’en vouloir d’avoir ainsi créé
Par la force rageuse de toute ta volonté
Ce paradis terrestre, bercé par l’alizé,
Où chacun voudrait vivre pour toute éternité.

(à paraitre dans « coeur de cible » début 2008)