Jeudecriture

Partez pour revenir à l’essentiel…Che Guevara

17 novembre, 2007

Je tue…

Classé dans : Poemes,Sophie — Sbreccia @ 19:08

J’ai envie de tuer

Ce n’est pas un rêve

Croyez-moi

 

Quand je m’endors

Sous mes paupières

En hologramme

Souvent je m’imagine

Une mitraillette à la main

 

Je tire

Je tue

Je tire

Je tue

Tout et tous

 

Envie de mordre

Tous les mordre

Envie de tuer

Tous les tuer

 

Vous tous

Amis ennemis

 

Je tire une rafale

Je mords l’air

 

J’ai vraiment envie de tuer.

 

Bidon, bidon, bidonville

Classé dans : Poemes,Sophie — Sbreccia @ 19:07

Contre une terre ardente tu as choisi un monoprix

Inutile milligrade de boîtes crayons de couleurs

Dans un troglodyte séquestré entassé encrassé

Enduit d’un espoir imaginé tu loges.

 

 

Mirage poisseux d’une source ensorcelée 

Ignorant tu scrutes le petit carré irréel

D’une boîte diamantifère éclats ébréchés

Yeux dilatés asséchés brillent espoir inespéré.

 

Tu as perdu le cristallin de ton âme limpide

Cœur façonné d’ivoire et corps sculpté d’ébène

Tu as quitté ta terre de feu et de soleil

Pour un seul et unique épi de blé fluorescent.

 

Aujourd’hui tu es piégé dans le dédale ensorcelé

D’une boîte inodorante et ignorante

Qui es-tu, où es-tu, où vas-tu ?

Tu étais soleil et brillance, légèreté et vaillance.

 

S’il te plaît fuis les emballages trop brillants

Terre craquelée et fumante de désirs inassoiffés

Des larmes bleues vont couler de mes yeux

D’un émoi toi et moi, reste toi.

13 novembre, 2007

Les saisons

Classé dans : Poemes,Sophie — Sbreccia @ 21:26

Quatre mouvements.

Feuille d’automne tourbillonne écrasée sous un pied enrhumé

Pourpre et orange bonbon caramélisé

Ramassée et nichée par l’enfant au cœur d’un herbier

Aplatie et lue entre deux pages mordorées

Squelette hivernal découvre sa nudité en un arbre déshabillé

Carotte au nez vermeil d’un bonhomme de neige esseulé

Dressé par l’enfant tremblant aux travers des congères

Moufles blanchies et emmaillotées au sein d’une crèche

Fleur d’un printemps bourgeonne au bout d’opercules vertes

Sève ambrée se renouvelle au creux de multiples cercles

L’enfant près du ru se réchauffe près des clochettes

Rayonnement des senteurs au cœur d’une pâquerette

Chaleur d’été ouvre son œil éclatant sur la corolle impatiente

Ecarlate et délectable pour l’abeille affamée

Peau déshydratée de l’enfant dans une eau désorientée

Sourire bronzé aux rives de la plage aimée

Sophie.

Une coquille vide

Classé dans : Poemes,Sophie — Sbreccia @ 21:25

Où est son locataire ? Se taire. Rire, prise, risée est sa raison ou plutôt prison déraisonnante.

Au bord du chemin, près d’un fossé, l’escargot l’a quittée. Dans la rosée du matin, elle frissonne sur l’herbe humide. C’était hier soir, premier jour d’un printemps, fût-il, naissait-il ?

Rêveuse elle regarde les nuées d’oiseaux lointaines dans le ciel :

- pourquoi n’ai-je pas d’ailes ? -- au moins, ou au plus, je pourrais me déplacer à tire d’ailes, et ne pas rester collée à ce sol fangeux. -- soyons plus prosaïque, il ne sert à rien de fantasmer, mais regardons ce qui m’entoure.

Une pâquerette sans vergogne lui fait un clin d’œil. Elle l’ignore. Une marguerite hautaine l’observe du haut de sa corolle « pourquoi madame ? ». Un coquelicot rougeoyant de ses rougeurs dans la brise, rigole. Un bouton d’or berce sa corolle sous les rais d’un soleil fugitif naissant

D’accord se dit-elle « je ne puis ni regarder trop haut, ni à mi chemin, alors je vais observer ce qui se passe au ras du sol. Je ne peux ni avancer, ni reculer, ma coquille est bloquée entre ciel et terre.

Une limace passe, grimace devant cette carapace creuse. Petite coquille abriterait bien ce faux colimaçon, mais il préfère rester un sans abri, se glisse dans l’herbe, bave et rote pour s’assoupir entre deux futaies.

Petite coquille a besoin de remplir son ventre. La mer est trop loin et de toutes les façons elle ne sait pas nager. Le ciel est trop haut et de toutes les façons elle ne sait pas voler. Il lui reste la terre, mais elle ne sait pas ramper. Que faire alors ? et de toutes les façons elle ne sait rien faire.

Sophie.