La rue
C’est une rue,
Pas très longue,
Pas très large non plus,
Bordée de chaque côté par de grands murs nus.
C’est une rue,
Où l’on ne passe plus,
Mais on entend encore
Le raclement des chaînes sur le pavé,
Le frottement hésitant des pieds nus.
C’est une rue,
Où l’herbe a poussé,
Des traces de sang en pointillé
Marquent le sentier.
C’est une rue,
Pleine de larmes,
De peur,
D’angoisse,
De gémissements,
De cris étouffés.
C’est une rue
Qui finit sur une petite place,
La place des condamnés
Où ceux qui voulaient la liberté
Étaient exécutés.