Je m’embarque, lentement, sûrement, inexorablement
Où je vais, je ne sais, mais c’est dans le tourment
D’une vie incertaine, d’une vie déchirée,
Je suis sur la pente raide et je ne peux m’accrocher
A aucune branche morte, car je le suis moi-même.
Les jours passent, le monde tourne, sans moi.
Les gens rient, les enfants pleurent, mon coeur est froid.
A quoi bon ?
Pour quoi vivre, si c’est pour se rappeler
De tout ce qui fait mal, de ce qui fait hurler ?
Pour qui respirer cet air qui me brûle
Pour qui aimer la vie si c’est une infidèle
Qui promet tant et tant et qui à la fin enlève
Ce qui était si beau, ce qui était si pur.
J’ai mal de ton absence, j’ai mal de ne plus voir, j’ai mal de ne plus entendre.
De ne plus sentir, toucher la peau, respirer l’odeur de vomi, changer les langes sales, donner des bains inutiles.
Je voudrais du concret, du vrai, du tristement banal.
Je ne sais même plus parler, mes souvenirs s’étiolent et fondent comme peau de chagrin, comme neige au soleil.
L’air se remplit de joie, d’un Noël illuminé, de cadeaux pleins les bras,
Et moi je n’ai que des larmes à offrir pour ce jour.
Oui, il y aura ce sapin, oui il y aura des cadeaux, oui.
Mais je sens que mon coeur ne tiendra pas sans toi.
Oh je sais bien que tout ce que je dis n’est que du vent.
Même pas de rimes, de belles images, de mots tranchants.
Je voudrais écrire, je ne sais que divaguer.
Je voudrais évoquer de si jolis voyages
Qu’ils feraient s’envoler toutes ces tristes errances.
Je voudrais sublimer mon amour et mes larmes
Pour en faire des mots qui marquent et qui attachent.
Je reviendrai.
Pardonne la sécheresse de mon coeur,
Mes yeux laissent s’écouler trop de torrents indomptables
Je voudrais tant te consoler.