Mon ange
Tu es passé
Comment décrire ce moment sans sombrer dans le cliché, même inspiré.
Comment rendre cette fin d’après-midi, où je me suis assise face au soleil faiblissant.
J’attendais. Je ne m’attendais pas à toi.
Marchant d’un pas rapide, tu es passé devant moi.
J ‘ai vu ton visage, tes vêtements et tes baskets.
Bleues avec des lignes blanches.
Nos regards se sont croisés, le temps de rien.
Tu t’éloignais déjà, mes yeux suivaient tes pas et je me disais qu’il y avait encore quelque chose de mâle dans ta démarche.
Quelque chose qu’ils n’avaient pas encore éteint.
Nos regards se sont croisés, je le jure, et ce que j’y ai vu m’a laissée
assise là, encore un peu.
Puis je me suis levée et suis entrée dans le bâtiment où m’attendait ma fille.
Quand je me suis retournée pour sortir, je t ‘ai vu.
Nos yeux se sont reconnus et les tiens se sont baissés.
Tu étais assis et c’est moi qui suis passée devant toi sans me retourner.
Je suis sortie, tenant ma fille par la main.
Tu es resté là, assis au fond de cette chapelle, dans tes baskets bleues et ta chasuble brune.
Je t’aurais dit : « Oui ! », Mon Ange.
Sans me poser de questions, je t’aurais dit : « Oui ! ».
Je t’oublierai mon Ange.
Comme toi, enfin je crois.