Jeudecriture

Partez pour revenir à l’essentiel…Che Guevara

25 septembre, 2007

Soucoupes volantes sur San-Miguel

Classé dans : Hola Habana...! — Sbreccia @ 16:46

J’adore les haricots rouges cubains (pour les initiés : les fijoles), ils les cuisinent avec du gras de cochon, la queue notamment ou les pieds, c’est bien gras, bien pateux et ça te tient au ventre…Par une journée de grosse chaleur, il n’y a rien de mieux pour t’inviter à une bonne sieste sur une « balanza » comme ils disent ici, un rocking cheur chez vous en Iourope…

…Oui, je sais je dis chez vous, car pour moi c’est plutot compliqué pour me situer, vu que je suis né en Suisse à Lugano, d’un père naturalisé Paraguyen et de mère inconnue, eh oui, c’est pas courant, mais cela existe, la preuve…

— - Mes haricots rouges, je m’en suis regalé hier midi, accompagnés de platanos frits dans une bonne dose d’huile, de quoi te faire grimper le taux de cholesterol au zenith…
La gourmandise c’est mon péché mignon, vous l’auriez deviné…Mais quand ma mulata me hace los fijoles comme le hurle la chaine hi fi de Jorge mon voisin, je deviens loco…loco.
J’etais en pleine degustation à m’en decrocher les machoires, quand soudain dans le ciel de San Miguel del Padron…Ah oui, je ne vous l’ai pas dit, mais vous l’auriez deviné, je vis dans la grande banlieue de La Havane, ah c’est pas la banlieue parisienne, c’est moins triste, bien que quand tu vois l’etat de la plupart des maisons tu as l’impression d’entendre les paroles de ce chanteur mexicain Marco Antonio Solis qui sous des allures de christ ressucité te sussure : »Les toits en cartons sur les maisons en carton…etc »…Mais heureusement il y a la vegetation luxuriante, ça rattrape…
Quand je vois ce spectacle, j’ai envie de me mettre au piano comme dans ce film superbe où un gars hyper friqué se mit en tête de faire traverser à un bateau un bras de terre entre deux fleuves en pline Amazonie pour donner un concert dans la jungle.L’acteur principal c’etait cet allemand qui joua dans Aguirre ou la colere de Dieu..Ah Sam, mon vieux Sam tu as des pertes de mémoire parfois.
Pour être plus précis, avant de voir, j’ai entendu…Oui un bruit effroyable qui fit resonner le toit de ma terrasse, plus fort qu’un coup de tonnerre, car ici les coups de tonnerre on connait…Tous les jours à la météo de la T.V on t’annonce des « chuvascos », des tourmentes electriques et en Juillet et Août quotidiennement on y a droit.

Non, vraiment, là ce fut un degré au dessus et je me dis : »Sam, mon vieux Sam… » Je ne vous l’ai pas dit, je me nomme Sam Carpenter, ça fait un peu detective privé de Chicago, non.. ?
Oui je me dis, que là ce bruit il tenait du surnaturel, et j’en oubliais mes fijoles. Mais rapidement apres le bruit ce fut une pluie hallucinante de projectiles qui criblerent mon jardin et ma terrasse.Par chance, aucun ne m’atteignit… Et en plein milieu de mon plat de platanos qu’est ce que je vois : un morceau de beton, mais beton de chez beton… Et tout de suite après des hurlements et des pleurs.
Entre deux sanglots je reconnais la voix de Marissela, ma voisine d’en face, qui passe ses journées à laver sa terrasse à grands coups de seau d’eau. Faut dire que je n’avais pas regardé dans la rue, mais à entendre ses cris j’ai zieuté sur les maisons d’en face, et là qu’est ce que je vois.. ? Un tas de morceaux de beton repandus sur quelques dizaines de metres autour de la maison de Marissela, et de l’eau de partout. Et en plein milieu de la rue, le camion du pipero, le pipero vert de peur sur le toit de Marissela…

Et là, tilt, je pige, c’est le tanque sur le toit de Marissela qui a explosé projettant ses parois de beton tel des soucoupes volantes sans blesser notre pipero couleur Martien qui s’en est sorti avec une jaunisse…

L’explication, je l’ai eue ensuite, le mari de Marissela avait tardé à faire appel au camion citerne d’eau, le reservoir ou tanque était vide depuis plusieurs jours et fermé, sous la chaleur s’était produit un effet de four, et lorsque le tuyeau d’arrosage du pipero debita l’eau fraiche, pas besoin de vous faire un dessin…

24 septembre, 2007

A la rencontre de Sam Carpenter, un anti-heros cubain…Presentation du bonhomme.

Classé dans : Hola Habana...! — Sbreccia @ 17:50

Comment vous décrire Sam Carpenter et vous parler de cet homme dont vous suivrez dorénavant les mésaventures ubuesques et quelques fois burlesques au fil de ces nouvelles ? Interrogeons son meilleur ami le Marquis Jean d’Outre-Tombe ..

Le Marquis : « J’ai connu Sam à la Maternelle, nos parents étaient amis et nous usâmes nos culottes sur les mêmes bancs. Mon père était colonel, le sien était Paraguayen, ils étaient voisins, propriétaires de villas les pieds dans l’eau sur les bords du magnifique lac de Lugano…

J’adore la Suisse et sa propreté, Sam de tout jeune était un malade de l’hygiène. Cela lui joua des tours notamment lors de notre service en tant que mercenaire en Ouganda. Je me souviens de cette fois où alors que nous étions en embuscade sur les bords d’une rivière dissimulés sous un hamas de feuillages, Sam, ce cher Sam faillit nous faire découvrir à l’ennemi tout simplement parcequ’un phasme se promenait le long de son bras. Il se leva et s’ébroua, nous dûmes ouvrir le feu prématurément et une partie des bonobos prirent la fuite…
Sam était d’une élégance rare, chez lui jamais de faute de goût, il savait marier les couleurs et associer les tissus à la perfection, et pourtant il n’avait rien d’efféminé…
Question homme, c’était un vrai de vrai, ses aventures sentimentales se comptaient par dizaines, il fut marié cinq fois, et côté amusant il choisissait ses épouses selon les continents où il se trouvait. La dernière était cubaine, un beau brin de fille qui avait du sang indien Taino, des ancêtres noirs et un zeste d’espagnol.
Que dire de plus sur lui, si ce n’est qu’il fut tour à tour archéologue, historien, facteur dans les Iles Grecques, flic en Turquie, guide de chasse en Indonésie et j’en passe. Où est il maintenant.. ? Je ne sais… ? Aux dernières nouvelles il se trouvait au Panama en compagnie de prospecteurs de pétrole, il ne tient jamais longtemps en place, mais si vous êtes patient aux prochaines nouvelles je vous le ferai savoir…. »

Bien, le Marquis apporte un éclairage sur ce personnage, malgré que la mentalité xénophobe et homophobe de cette personne puisse prêter à caution, mais bon, de grands hommes ont eu des copinages peu recommandables, alors pourquoi pas Sam…
Pourquoi ne pas écouter ce qu’en pense Marisella, la Présidente du Comité Révolutionnaire de quartier qui l’a bien connu à La Havane… « Mr Sam, habitait dans ma rue, c’était un homme bon qui aimait bien les enfants. Il leur donnait souvent des caramels, il leur fit même cadeau de balles de tennis pour jouer au base-ball notre sport national. Il a vécu parmi nous sans faire étalage de son argent, il vivait à la cubaine. Il savait ménager les susceptibilités. C’est sur qu’ici quel qu’il soit un étranger sera toujours un étranger, mais il avait su se faire admettre.
Il se mettait parfois sur sa terrasse un pinceau à la main et passait de longues heures à peindre. Le petit ami de sa fille adoptive, nous dit qu’il peignait des fruits qui ne poussent pas ici, on le prenait pour un original, certains disaient de lui : »El papa Hemingway.. »
On ne comprenait pas ce qu’il venait faire dans ce pays alors que la plupart d’entre nous ne pensent qu’à le quitter. Lui qui aurait pu posséder une belle villa, une belle voiture dans son pays, habitait dans un appartement modeste et prenait le bus dans la chaleur et l’affluence comme un simple cubain…Je vous laisse juge.. »