
Imaginez la tête que vous feriez si en rentrant chez vous au milieu de la nuit vous trouviez votre petite amie entrain de jouer à « dada sur le bidet » avec un autre homme.
C’est ce qui arriva à Sam ce 18 Juin 2007. Son vol avait été retardé à cause d’un cyclone sur le golfe du Mexique et la porte franchie alors qu’il prenait un verre dans la cuisine il entendit un bruit bizarre provenant du couloir menant aux piaules.
Intrigué il se rendit vers sa chambre, un mojito à la main, et plus il avançait, plus les bruits se précisaient, c’était des ahanements, des plaintes puis des genres de rugissements.
Il ouvrit la porte et là, affairés : sa douce lolita avec un gugusse qu’il n’avait jamais vu auparavant, et devinez ce que trouva à dire la petite levrette dans sa surprise :
- »Sam disculpe, yo no presta atencion à eso mi amor… »
Faut le faire non..?
Il lui répondit bêtement :
- »Et bien qu’est ce que ce sera le jour où tu sauras ce que tu fais..? »
Et sans plus attendre, il reprit son sac de voyage et sortit dans la rue. Un coup de fil à son meilleur ami Kevin et il prenait un taxi pour la calle 10 de Octubre où c dernier louait une casa particular.
Arrivé dans le couloir de l’immeuble de Kevin il croisa un ivrogne qui le heurta en titubant et qui maugréa contre lui en claquant la grille d’entrée.
Sam grimpa les escaliers jusqu’au second, et arrivant à la porte de son ami s’appercut que celle ci n’était pas fermée. Il poussa le battant en appelant son copain. Aucune réponse, il entra et réitéra ses appels sans plus de chance. Personne dans l’appartement de trois pièces, aucune trace de lutte, visiblement pas de cambriolage et son pote envolé. Pas de propriétaire de la casa particular non plus, nadie de nadie.
Il se servit une bucanero dans le frigo et s’affala sur le sofa décidé à attendre son ami.
Il portait la bière à sa bouche lorsque la porte d’entrée s’ouvrit, et une superbe métisse entra en esquissant des mouvements de danse africaine. C’était une très belle fille vêtue d’une mini-jupe et d’un tee-shirt moulant qui mettaient en valeur ses formes splendides. Sans le regarder elle s’approcha de lui et lui tournant le dos agita ses fesses à hauteur de son visage.
Interloqué, il suivit les mouvements de son corps en frénésie à portée de main. L’image d’une cafetière électrique lui vint à l’esprit et il s’entendit crier : »wouah..! »
La fille sursauta et regarda Sam pour la première fois depuis qu’elle était entrée dans l’appartement. Elle écarquilla les yeux et poussa un hurlement en s’appercevant de sa méprise.
Sam lui plaqua une main sur la bouche pour faire cesser ces cris, ce qui eut pour effet de lui faire tourner de l’oeil…Embarrassé, Sam la transporta dans la chambre sur le lit. Il se rendit vers la cuisine pour prendre un verre d’eau, et en empruntant le couloir il ressentit un choc violent à la nuque.
Sous la violence du coup il chancela et essaya de se tenir au mur, mais un second coup de matraque l’envoya définitivement dans les pommes.
Sans aucune notion du temps, il ouvrit les yeux dans le noir le plus complet. La tête lui faisait mal, les chandelles dans ses yeux n’étaient pas encore éteintes. Et d’un seul coup violemment la pièce où il était allongé sur le sol s’éclaira.Sur une chaise un vieux type maigre le fixait méchamment et dans le prolongement de ses jambes, debout, deux malabars les bras croisés le dominaient.
- Ca fait beaucoup pour une même nuit, pensa t’il…
- »Alors, on se réveille Mr Kevin Shlom..? » C’était le vieux type qui venait de parler, il avait une voix nasillarde avec un fort accent étranger des pays de l’est.
« Alors Mr Shlom, où sont mes diamants..? »
« Des diamants, quels diamants..? Et puis je ne suis pas Mr Shlom, je suis un ami à lui.. »
- » Vous êtes un ami à lui, ironisa l’homme, et vous êtes dans son appartement à 3h00 du matin avec sa femme..? Azucar, rafraichis la mémoire de Monsieur..! »
Un violent coup de pied atteignit les côtes de Sam, porté par une des deux grosses brutes répondant au doux nom d’Azucar. Sam n’eût pas le temps de crier qu’un second coup l’atteignait au ventre lui coupant la respiration.
- »Alors Mr Shlom, la mémoire vous revient, peut-être pourrez vous me dire où sont mes diamants..? »
- »Attendez, attendez balbutia Sam en crachant un filet de sang, je vais tout vous expliquer…Je suis Sam Carpenter, l’ami de Kevin, d’ailleurs j’ai mes papiers là dans la poche arrière de mon jean.. »
Il porta la main à la poche, mais celle ci était vide. Il se souvint alors de l’ivrogne en bas de chez Kevin, en le bousculant il avait dû lui voler son portefeuille.
- »Mr Shlom, je perd patience, je crains de devoir vous laisser entre les mains d’Azucar si vous ne m’aidez pas…dit le boss d’une voix mielleuse. »
- »D’accord, je vais vous aider, que voulez vous..? »
- »Mr Shlom, vous m’avez volé pour 50.000 dollars de diamants, il n’y a que deux solutions pour vous…Ou bien vous me les rendez ou vous devrez me rendre un service… »
Sam réfléchit rapidement, il n’avait pas les diamants, restait la seconde solution pour rester en vie.
- »En quoi consiste ce service..? » demanda Sam mal assuré.
- »Je vois que je dois faire mon deuil des diamants Mr Shlom,et bien la seconde solution consiste à dérober une arme.. »
- »Une arme, quelle arme..? Vous devez avoir les moyens de vous payer toutes les armes que vous désirez dit Sam, la surprise passée.. »
- »Non Mr Shlom, cette arme n’est pas une arme ordinaire, c’est une arme de collection de très grande valeur. Il s’agit du revolver Remington 1870 avec crosse de nacre ayant appartenu à Che Guevara.. »
- »Che Guevara, rien que cela, ironisa Sam…Et où se trouve cette arme..? »
- »Mr Shlom, je vois que vous ne visitez guère les musées de La Havane, cette arme repose dans une armoire de verre dans la salle des Audiences du Capitolio.. »
- »Vous aurez bien du mal à la revendre. Et qu’est ce qui me dit qu’ensuite vous me laisserez en vie..? »
- »Mr Shlom à votre place je prendrai le pari, vous avez une semaine pour me ramener cette arme. Et surtout n’envisagez pas de quitter l’île, il n’y a que deux aéroports et aucun bateau ne quitte les ports. Bonne chance Mr Shlom.. »
Et les trois hommes, sans un mot de plus quittèrent les lieux. Ils disparurent avec autant d’aisance qu’ils avaient surgi dans son existence.
Sam se releva et examina les lieux, il était dans une cave, il emprunta les escaliers, la porte était ouverte, il se retrouva dans une rue qu’il identifia comme la calle San Raphael, il n’était pas loin du Centre Ville. La lumière extérieure l’aveuglait, il avait mal au crane et pour tout arranger il devait cambrioler un des états les plus policiers du monde.
Il entra dans un bar minable du quartier et commanda une « cristal » bien fraiche pour se remettre de ses émotions. Pendant qu’il buvait il réfléchissait au moyen de pénétrer dans la Salle des Audiences du Capitolio.
Le Capitolio est un pied de nez à l’Amérique, c’est la réplique du Capitole américain. Il accueille énormément de visiteurs, mais le gros problème est qu’il est gardé mieux que tout autre bâtiment officiel cubain, vu ce qu’il représente. Deux gardiennes féminines veillent sur les entrées de la Salle des Audiences où sont reçus les dignitaires étrangers.
Jusqu’à ce jour ses seuls accès au Capitolio avaient été réservés à la salle informatique mise à la disposition des touristes étrangers, salle que fréquentaient d’ailleurs quelques cubaines et cubains en mal de sites de rencontres.
Sam n’entrevoyant pas de solution dans l’immédiat décida de se divertir…
A la Havane l’après midi les lieux de divertissement ne sont pas légion, sorti des hôtels à touristes, des musées, des bars à gogos comme le Floridita ou la Bodega del Medio et si vous ne désirez pas vous retrouver rond comme une queue de pelle avant le souper, il est un endroit très agréable et avec un coin de fraîcheur appréciable par ces temps de grosse chaleur, c’est la terrasse du Bar Restaurant « El patio » sur la place de la Cathédrale. Là, à l’ombre avec le doux bruit d’une fontaine derrière vous, assis devant un jus de goyave naturel et bien glacé, vous pouvez écouter des musiques de l’Oriente dispensées par un des meilleurs orchestres de la ville.
Cela faisait trois quart d’heure que Sam était aux anges, tétant par intermittence un Cohiba siglo 6, attentif à en conserver la cendre le plus longtemps possible qu’il faillit s’étouffer de surprise en voyant la métisse de l’appartement de Kevin s’avancer vers lui.
- » Hola..! Comment allez vous et pourquoi avez vous disparu cette nuit, vous savez que vous m’avez fait peur..? » dit elle dans un français impeccable avec un ravissant accent cubain.
- »Vous m’en voyez désolé, mais qui êtes vous, je suis un ami de Kevin, Sam Carpenter, avez vous de ses nouvelles..? »
- »Anna Lisa Matos, sa secrétaire, Kevin est injoignable depuis hier au soir, il ne m’a toujours pas appelée et ne répond pas sur son portable.. »
Sam invita la belle à s’assoir et lui conta sa mésaventure de la nuit. Cette fille était agréable et ce qui ne gâtait rien, intelligente en diable. Lorsqu’il lui confia les instructions données par le boss concernant le revolver du Che, elle sursauta et eût un léger sourire.
Les femmes cubaines sont parmi les plus belles femmes du monde, dans ce pays le brassage des populations et le métissage ont donné des créatures à la peau douce et fine, aux traits réguliers, aux formes sensuelles et gracieuses. La cubaine selon Sam, présente plus de qualités que l’antillaise aux fesses en forme d’abat-jour, et qui passé un certain âge a généralement tendance à prendre un embonpoint regrettable.
Sam aimait ces femmes, et elles le lui rendaient bien, il aimait leur présence, la façon bien à particulière qu’elles avaient de se laisser aborder et le plaisir qu’elles prenaient à faire l’amour.
C’est vrai que nombre d’entre elles étaient volages et butineuses, ceci étant dû à leurs conditions de vie, il serait difficile de leur en vouloir, il fallait savoir en tirer son parti et se contenter de relations épisodiques mais pleines.
Sur ces considérations Sam s’était bien sur rendu compte que la cuisse d’Anna Lisa s’était rapprochée sous la table et qu’il pouvait maintenant sentir le contact de ses bas résilles sur sa peau…
Mais ce que lui raconta la cubaine monopolisa plus son attention. En effet Anna Lisa lui livrait qu’elle avait une amie prénommée Erika qui travaillait à la bibliothèque du Capitolio.
Une aubaine pareille ne pouvait se laisser passer. Sam avait besoin d’une empreinte de la clef ouvrant l’armoire de verre de la salle des Audiences, Erika pourrait elle l’obtenir..? Son plan dès à présent reposait sur ce point.
Anna Lisa consentit à s’en occuper, mais avant quelque chose lui tenait à coeur. Elle glissa une main sous la chemise de Sam et lui caressa la peau. L’invite était directe, impossible de refuser. Sam lui prit la main et se leva, Anna Lisa docile le suivit jusqu’à un cocotaxi qui les menèrent à l’appartement de la jolie cubaine…
Là, la décence nous empêchant de les suivre, laissons place à l’imagination.
Le lendemain Anna Lisa remettait à Sam une boîte de pate à modeler contenant l’empreinte de la clef, tout en demandant de lui rembourser les 500 cuc avancés pour décider une des gardiennes à fermer les yeux. Comment résister à l’appât du gain ici plus qu’ailleurs pensa Sam, tout s’achète dans ce pays, je n’ai pas encore rencontré une personne qui y résiste.
Pourquoi attendre, Sam décida de faire réaliser la fause clef et de se rendre l’après midi même avec Anna Lisa au Capitolio.
Après la montée des marches et le paiement à l’accueil, ils pénétrèrent dans le bâtiment où se dressait avec ses près de 18 mètres une statue représentant la République devant une flamme éternelle, de part et d’autre des galeries aux plafonds en caissons et des gardes de partout. Sam et Anna Lisa arrivèrent enfin à la Salle des Audiences gardée par deux femmes, une jeune et une plus âgée. Anna Lisa se dirigea directement vers elles et concentra leur attention.
A partir de ce moment là, tout se passa rapidement. Sam repéra le meuble de verre et sur une des étagères le revolver à crosse de nacre convoité. Il introduisit la fausse clef dans la serrure et s’empara de l’arme.
Mal lui en prit, car une sonnerie retentissante emplit la pièce et à chaque porte apparurent des hommes en arme qui se précipitèrent sur lui. Il leva les mains en l’air. C’est alors qu’au centre de la pièce le sol se creusa dans un bruit sinistre et qu’un escalier apparut. Les hommes lui firent signe de descendre, ce qu’il fit à contre coeur et se retrouva dans un long corridor aux murs duquel de nombreux téléphones pendaient suspendus à leurs fils.
L’ambiance était semblable à celle du film « Brasil », le corridor étant emprunté par des hommes casqués portant des oreillettes, ces hommes parlaient à des interlocuteurs invisibles. Le corridor traversait des salles dont les pans de murs étaient remplis de livres et de téléviseurs sur lesquels se reflétait le visage d’un homme, toujours le même, âgé et barbu, qui parlait de façon lasse et saccadée, enfin il arriva devant une porte dorée fermée. Un de ses gardes l’ouvrit, il fut poussé, bousculé et jeté dans cette pièce.
Dans cette mélée il reconnut le boss de la cave qui vint vers lui et lui dit :
- »Fort bien Mr Carpenter, vous avez passé avec brio l’épreuve d’entrée dans notre service. Nous vous avions déjà remarqué lors de votre mésaventure avec les douanes de notre pays. Vous n’avez pas froid aux yeux et ne manquez pas de ressort. Vous ferez partie à compter de ce jour des services secrets révolutionnaires de notre pays placés sous mon autorité. Je vous présente l’agent Matos votre coéquipière… »