Jeudecriture

Partez pour revenir à l’essentiel…Che Guevara

4 octobre, 2007

Une petite île si tranquille…

Classé dans : Nouvelles,Toussaint Sbreccia — Sbreccia @ 16:36

— Bon je suis pas colérique, mais de là à m’envoyer une bombe atomique, me privant de tortilla, parce qu’un gamin a mis une claque à un autre…

Tout avait commencé dans la cour de l’école de Champigneulles. Oh rien de bien grave, le fils du Maire avait tiré une claque à celui du boucher, rapport que ce dernier l’avait traité de morveux, le fils du boucher avait répondu en pétant le tibia du petit Maireliton.
Le Maire avait été trouvé le boucher, l’avait secoué, ce dernier avait sorti sa carabine et pan un trou en pleine poire du coq du village.
La Police avait arrêté le criminel carnassier, mais ça s’était gâté, les commerçants s’étaient mis en grève. Le Préfet était venu pour rétablir le calme, manque de pot à son arrivée, la foule n’a rien trouvé de mieux que de l’enfermer dans l’école.
Les CRS ont débarqué, des barricades ont été élevées, et les coups de feu sont partis. A l’assemblée l’opposition a sauté sur l’aubaine, et a demandé la chute du gouvernement. Et voilà t’y pas, qu’un english, un rosbif, a critiqué la politique de ces idiots de froggies. Les ambassadeurs ont été rappelés, et des menaces de rétorsion ont été proférées. Là dessus un sous-marin à hélices froggy a harponné un escorteur rosbif. Des troupes ont été envoyées à Guernesey et Jersey et les îles ont été prises. Les ricains s’en sont mêlés et ont menacé d’intervenir…J’étais cool, à me dorer la pillule au soleil sur la plage aux Baléares, devant une tortilla aux champignons, j’ai vu passer une drôle de fusée…

La berbère

Classé dans : Poemes,Toussaint Sbreccia — Sbreccia @ 16:33

Je ressentais ta pudeur diffuse, héritage d’une éducation bédouine qui passait d’une nationalité à l’autre par le filtre poreux du regard.
Regards des femmes voilèes aux mains dessinées..
Regards des jeunes hommes respectueux des traditions.

Silence des regards, frémissements, à la porte du jardin des délices…

Ta peau douce et chaude au goût d’orange sanguine
Ton parfum enivrant mélange de mûres et de mangues.

Je dévorais ta bouche hibiscus, ton nez volubilis.
Et dans mon rêve parisien, je cherchais des yeux la route de Tunis.

 

Porteur d’âmes.

Classé dans : Poemes,Toussaint Sbreccia — Sbreccia @ 16:27

Je suis le frêle porteur d’âmes, vous me trouverez  au hasard d’un méandre  amazonien émergeant de la mangrove, corps torturé, membres distordus.

je suis fait de bois en partie minéralisé par les ocres , les rouges brasil, les marrons et les gris. Tel un gisant immobile en apparence,  mon souffle dévoré par l’incendie, mon ombre se projette dans l’avenir incertain.

Pour m’atteindre il faut s’aventurer loin du bateau et de son sol secure, franchir la frontière entre le connu et l’inconnu, mettre ses pieds dans la boue bienfaitrice et cheminer parmi les racines immenses aux formes fantasmagoriques, quitter tout, se dépouiller de ses oripeaux modernes qui entravent le corps, l’étouffent et le rendent en esclavage.

Visage buriné, mains larges crevassées par la misère, je vous attends là au seuil de mon domaine, empli de souvenirs, de rages et de peines. Je suis votre devenir vous qui dormez dans vos villes de béton et ne prenez conscience de l’intérêt de la vie qu’au jour de votre mort.

Ici les troncs entrelacés aux formes humaines offrent le spectacle de la désolation et de l’inconséquence. Seul, je vous suivrais partout dans vos songes et vos rêves, comme un remords je hanterais vos nuits jusqu’à rendre présent votre futile oubli.

 

Alors….T’avances..?

Classé dans : Poemes,Toussaint Sbreccia — Sbreccia @ 16:22

Il fait froid…Pierrot, alors tu marches…
vers la bouche de métro, ou la porte cochère…
vers tes cartons, tes vieux chiffons…
Alors….T’avances.. ???

Et dans ton rêve de chaleur…toujours, tu marches…
Tu te souviens. ? Etant enfant, ta première marche…
vers les bras chauds, les formes rondes…
Alors…T’avances.. ???

Sous les gouttes des reverbères…toujours, tu marches…
c’était ailleurs, dans les rizières, les longues marches…
Malgré les balles, sous la mitraille…Le goût du sang…
fallait qu’t’avances… !

Dans cette banlieue, métro-boulot…toujours, tu marches…
gagner ton fric, ramener ta paie…Des fois ça marche…
dans la grisaille…Panne d’ascenceur…
Alors…T’avances.. ???

L’usine qui ferme, les portes closes…Jamais ça marche. ?
Plus de pognon, les fins de mois…Raté la marche…
Dégringolade…Séparation…Cour de prison…
Alors…T’avances.. ???

Libération et solitude…En avant…Marches… !!
Mon vieux Pierrot…Il est trop tard, pour qu’ça remarche…
Ta vie s’arrête…Au cimetière pas de procession…
T’es en avance… !

Sans toi

Classé dans : Poemes,Toussaint Sbreccia — Sbreccia @ 16:19

Et la porte claqua dans un bruit sinistre
tes talons nerveux heurtant le sol
martelèrent mon cœur dans ton dernier envol…

On s’était connu dans un bar aux couleurs bistre
sur le haut de la Butte, refuge des cuistres
buveurs, hâbleurs et truands de haut vol

Tu avais vingt ans, j’en avais un peu plus
et ta jupe accrochait les regards des clients
j’étais là, tu es entrée et je ne vis rien de plus
que toi, nerveuse et frêle, regard ardent

J’ai su de suite que ce serait toi
on s’est parlé, on a bu, on a ri
dehors les flonflons du bal illuminaient la nuit.

On a refait le monde jusqu’à l’aurore
Dehors le petit jour étendait sa fraîcheur
Je suis sorti, tu m’as suivie et alors,
sous un porche on s’enlaça avec ardeur.

Ce jour là, pour rien au monde
je n’aurai échangé ma vie
contre tout l’or du monde

Et aujourd’hui « sans » un regard
tu t’en vas « sans » te retourner
me faisant ressentir le fossé
qui entre nous s’est creusé « sans » hasard.

Sans toi…