Jeudecriture

Partez pour revenir à l’essentiel…Che Guevara

23 octobre, 2008

La musica del silencio

Classé dans : Poemes,Toussaint Sbreccia — Sbreccia @ 0:53

Donde son las guitaras, donde el piano

Solo hay la musica de mi corazon

A la vista de tus ojos quien me quitan la razon

 

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24 novembre, 2007

Fraicheur

Classé dans : Poemes,Toussaint Sbreccia — Sbreccia @ 18:43

Petit matin, l’heure où la vie s’éveille.

Doucement les premières lueurs du jour remplacent les ténèbres de la nuit. Les animaux nocturnes lentement ferment leurs yeux, laissant la place aux amoureux du soleil.

Tout autour la fraîcheur règne. La nature s’apprête à affronter la canicule, c’est l’heure de la pause, le temps est suspendu aux branches des noisetiers. Soudain, l’envol d’un geai au cri strident vibre dans le silence ambiant, et remplit le vide bienfaiteur.

Ici le calme entoure la montagne, remèdie à la fournaise. En ce lieu on prend conscience que le tout est proche du rien. Que l’argent, la situation, la « célébrité » ne sont que futilités comparés à la beauté de la nature, à sa force, à l’amour qu’elle éveille en nous.

C’est en ces heures propices, quand tout dort dans la maisonnée, même les animaux domestiques, que j’aime à m’asseoir dans un coin du jardin, non loin du tas de bois, et passe de longues minutes à écouter le village s’éveiller en contrebas du torrent.

Tel une horloge le rituel est réglé au quart d’heure près. C’est d’abord le chien du moulin qui annonce son réveil, le cliquetis des petites sonnailles des chèvres dont le berger libère les barrières. Plus tard, les premiers camions venant de la plaine serpentent dans les virages pour traverser le village et acheminer leurs provisions vers les villes de l’autre coté de la montagne. Enfin le klaxon de la boulangère qui livre le pain chaud accélère le réveil et annonce le mouvement et l’agitation d’une belle journée.

24 octobre, 2007

Pigalle story

Classé dans : Poemes,Toussaint Sbreccia — Sbreccia @ 18:54
Place Pigalle, un après midi d’hiver. Dans la rue, montant et descendant des hôtels de passe, suivies par leurs clients, de splendides créatures font preuve de rivalité dans leur féminité, désireuses d’oublier que la nature les a faites autrement.
La voiture de sport fonçait en direction de l’Etoile. A son bord, échevelée, couverte de sang, yeux hagards il conduisait pour ne pas perdre sa liberté.
Un feu passé au rouge, puis deux, puis trois. Accélérer ! Le bolide se frottait aux passants, ébahis de voir une femme au volant conduire à cette vitesse en direction de l’Etoile.
A Pigalle dans un bar, le corps d’un travesti Brésilien baignait dans son sang, trois cartouches de 22 Lr dans le corps lui avaient arraché un bras, broyé la face et défoncé le thorax, mettant en bouillie sa belle robe noire. Du sang, avec des restes de viscères étaient répandus sur le carrelage parmi les débris de tessons de bouteilles…
La patronne du bar, allongée sur une chaise, semblait dormir, l’arrière du crâne défoncé par une décharge, sa serveuse affalée sous le comptoir. Edmond, le flic du coin pataugeait dans la cervelle pour établir son rapport. Une embrouille au sujet de piqûres d’hormones, concurrence pour conserver le monopole dans la faune des travestis latinos.
Et les badauds qui mataient le spectacle, s’en mettaient plein les mirettes, révisaient Maigret à la sauce macabre.

Avenue des Ternes, un barrage, fin de l’aventure. Perchée sur ses talons aiguilles, Mario le conducteur du bolide monta dans le car, montrant ses bas résilles à un Pinot local.
Sur l’Avenue, un panneau publicitaire présentait la Deneuve habillée par un grand couturier, le travesti n’y jeta même pas un regard.

western Picasso

Classé dans : Poemes,Toussaint Sbreccia — Sbreccia @ 18:51
Combat..

Sous ses doigts le fusain voletait sur la toile dans des crissements pénibles déchirant par moments le silence de la pièce.
Parfois il quittait sa place et s’approchait du modèle comme un chat devant un oiseau, puis précipitamment rejoignait l’esquisse et retouchait un trait, une ombre, une courbe.
Le corps nu sur le sol, torturé, incongru, recroquevillé dans une pose douloureuse exprimait sa vie sur la jute glauque.
L’atmosphère de l’atelier sentait la souffrance, la sueur et la peine. Par terre contre les murs, faces invisibles, des tableaux reposaient enfin.
Lorsque repu de son modèle, imbibé de sa chair et de son âme il posait le fusain, il changeait l’esquisse contre une toile nouvelle, vierge et soumise. Et prenant ses pinceaux il travaillait sans mollesse, mélangeant les couleurs, étendant la pâte en couches précises, sculptant les détails, allant jusqu’au bout de son art. Il puisait dans ses ressources la force de peindre. Chaque geste comptant pour saisir toute une vie, comme quelque chose d’impudique il rendait ce corps à son impression première.
Dans ce combat entre l’homme et la toile, pas de place pour le doute, la main était sure et la matière rebelle. Et lorsque épuisé, le modèle évaporé il retombait lourd sur son fauteuil déchiré, la toile recouverte d’un linceul nuptial prenait son vrai nom : …Une œuvre.

11 octobre, 2007

Digressions

Classé dans : Poemes,Toussaint Sbreccia — Sbreccia @ 17:02
Ici les mots ont plus de pulpe et leur jus s’écoule en sonorités suaves. Da lé, Da lé…Les syllabes claquent et roulent comme des torrents d’eau entre les pierres des chemins Da lé, Da lé…
Dans ce pays on ne parle pas, on chante ou on crie, on vibre au rythme des phrases, on roucoule, on caresse, on gronde…Rien ne peut être indiffèrent. Da lé, Da lé…
Dans les rues les rires et les cris des enfants se mêlent aux discussions animées sous les yeux des vieillards impassibles se balançant sur leurs rockings chairs…
Et cette soif qui vous prend, ruisselants de sueur, aveugles par la force du soleil, les dégradés de verts qui vous baignent, vous devenez comme ces canaris qui dans leur cage se frottent contre des morceaux de pastèque pour se rafraichir le corps..Vous dégustez l’eau fraiche de la douche comme un nouveau ne son premier bain…
Et peu a peu, votre corps s´habitue a la chaleur, vous utilisez moins le ventilateur, vous buvez l´eau de la citerne comme tout le monde, les phrases autrefois mysterieuses prennent un sens, vous vous laissez bercer par le bruit des averses…
Da lé, Da lé…La musique des mots vous envahit de ses transes…
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