Jeudecriture

Partez pour revenir à l’essentiel…Che Guevara

29 octobre, 2007

Journal des Tropiques

Classé dans : Journal des tropiques — Sbreccia @ 23:31

 

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San Miguel del Padron banlieue de La Havane

La vie quotidienne dans ma rue, ma ville et sur l’île…

Aujourd’hui l’humidité est partout dans la maison. Le tissu des fauteuils semble mouille lorsque l’on y pose ses fesses. Il faut dire qu´ici le taux ordinaire d’humidité dans l’air est de 60 a 70 degré, ce qui est idéal pour la conservation des cigares, mais provoque des ´catarros´ou grippes a répétition.

Il pleut depuis trois jours et la citerne en cours de construction est devenue une piscine sur laquelle flottent quelques grenouilles mortes. La verdure est partout sur cette loma de San Miguel, la luxuriance de la végétation contraste avec la pauvreté des habitations.

Les maisons rudimentaires sont toutes protégées par des grilles ou ´rayas´pour éviter les intrusions intempestives. Le cubain est le roi de la récupération , tout sert a de multiples usages, la taule peut servir de toit mais également de porte de garage, et sur les toits trônent de gros bidons ou tanques servant a approvisionner en eau les habitations.

La vieille de la finca d’en face est sortie ce matin pour chercher le pain de la libreta et le distribuer a ses voisins de la rue qui bénéficient de ce service de l’état. D’habitude c’est son petit vieux de mari qui s’en charge, mais avec la pluie abondante il est malade et garde le lit. Alors revêtue d’un sac plastique elle s’achemine a petits pas vers la panateria de l´esquina. Rares sont ceux qui possèdent des vêtements de pluie ou des kway, et dans la rue c’est un défilé de sacs plastiques, de journaux, de vieux parapluies édentés. Et tout ceci se passe sur des fonds musicaux de salsa et de reggaeton, et Pedro le patrullero s’en donne a coeur joie avec sa guitare.

Malgré l’humidité ambiante et contrairement a ce qu’il se passe dans les Antilles françaises toutes proches les moustiques sont rares sur l’île. Il faut dire qu’une surveillance constante est exercée a l’aide de fumigations, de nettoyages des points d’eau par des équipes assermentées de l’état pour lutter contre le redoutable Aedes Aegyptis vecteur de la dengue, qui propage une fièvre hémorragique causant chaque année de nombreux morts a Cuba.

24 octobre, 2007

Pigalle story

Classé dans : Poemes,Toussaint Sbreccia — Sbreccia @ 18:54
Place Pigalle, un après midi d’hiver. Dans la rue, montant et descendant des hôtels de passe, suivies par leurs clients, de splendides créatures font preuve de rivalité dans leur féminité, désireuses d’oublier que la nature les a faites autrement.
La voiture de sport fonçait en direction de l’Etoile. A son bord, échevelée, couverte de sang, yeux hagards il conduisait pour ne pas perdre sa liberté.
Un feu passé au rouge, puis deux, puis trois. Accélérer ! Le bolide se frottait aux passants, ébahis de voir une femme au volant conduire à cette vitesse en direction de l’Etoile.
A Pigalle dans un bar, le corps d’un travesti Brésilien baignait dans son sang, trois cartouches de 22 Lr dans le corps lui avaient arraché un bras, broyé la face et défoncé le thorax, mettant en bouillie sa belle robe noire. Du sang, avec des restes de viscères étaient répandus sur le carrelage parmi les débris de tessons de bouteilles…
La patronne du bar, allongée sur une chaise, semblait dormir, l’arrière du crâne défoncé par une décharge, sa serveuse affalée sous le comptoir. Edmond, le flic du coin pataugeait dans la cervelle pour établir son rapport. Une embrouille au sujet de piqûres d’hormones, concurrence pour conserver le monopole dans la faune des travestis latinos.
Et les badauds qui mataient le spectacle, s’en mettaient plein les mirettes, révisaient Maigret à la sauce macabre.

Avenue des Ternes, un barrage, fin de l’aventure. Perchée sur ses talons aiguilles, Mario le conducteur du bolide monta dans le car, montrant ses bas résilles à un Pinot local.
Sur l’Avenue, un panneau publicitaire présentait la Deneuve habillée par un grand couturier, le travesti n’y jeta même pas un regard.

western Picasso

Classé dans : Poemes,Toussaint Sbreccia — Sbreccia @ 18:51
Combat..

Sous ses doigts le fusain voletait sur la toile dans des crissements pénibles déchirant par moments le silence de la pièce.
Parfois il quittait sa place et s’approchait du modèle comme un chat devant un oiseau, puis précipitamment rejoignait l’esquisse et retouchait un trait, une ombre, une courbe.
Le corps nu sur le sol, torturé, incongru, recroquevillé dans une pose douloureuse exprimait sa vie sur la jute glauque.
L’atmosphère de l’atelier sentait la souffrance, la sueur et la peine. Par terre contre les murs, faces invisibles, des tableaux reposaient enfin.
Lorsque repu de son modèle, imbibé de sa chair et de son âme il posait le fusain, il changeait l’esquisse contre une toile nouvelle, vierge et soumise. Et prenant ses pinceaux il travaillait sans mollesse, mélangeant les couleurs, étendant la pâte en couches précises, sculptant les détails, allant jusqu’au bout de son art. Il puisait dans ses ressources la force de peindre. Chaque geste comptant pour saisir toute une vie, comme quelque chose d’impudique il rendait ce corps à son impression première.
Dans ce combat entre l’homme et la toile, pas de place pour le doute, la main était sure et la matière rebelle. Et lorsque épuisé, le modèle évaporé il retombait lourd sur son fauteuil déchiré, la toile recouverte d’un linceul nuptial prenait son vrai nom : …Une œuvre.

Dans la gueule du croco…Suite 2

Classé dans : Hola Habana...! — Sbreccia @ 18:39

Arrive en haut de la Rampa, la grande avenue qui plonge vers le Malecon, Sam aperçut un vieux Lada qui émettait une abondante fumée noirâtre.    

Il doubla le taxi de Rolph , a l’intérieur le passager avant passa son bras par la fenetre en brandissant un revolver. L’homme tira plusieurs coups de feu en direction du taxi qui fit une embardée et tourna brutalement dans une ruelle adjacente. Tico suivit le taxi sur quelques mètres, et ce dernier ayant ralenti  quitta la route et finit sa course contre un palmier. Le chauffeur était affale sur son volant et du sang giclait de sa carotide.

A l’arrière Rolph n’en menait pas large, apparemment il n’était pas gravement blesse et choque regardait la scène d’un air ébahi.

Sam se précipita pour porter secours. La portière arborait plusieurs impacts de balles, mais il lui sembla qu’aucune n’avait touche les occupants. Le pare brise avait explose et un gros bout de verre était fiche dans la gorge du chauffeur.

A l’aide de son portable Sam fit appel aux secours. Évidemment la voiture des agresseurs avait pris la fuite. Quelqu’un apporta a boire de l’eau sucrée a Rolph qui semblait ne pas devoir sortir de sa torpeur de si tôt.

Quinze minutes plus tard les secours étaient la et Rolph conduit en ambulance vers l’hôpital des freres Amejeiras, calle Belascoain.

Informe de la direction par un infirmier Sam se rendit sur les lieux avec son  cocotaxi en se faufilant dans les embouteillages.

L’hôpital est un grand bâtiment proche du Malecon, le 23 ème étage est réservé aux étrangers, c’est la que Sam comptait retrouver le canadien.

En pénétrant dans les lieux il put voir le maigrichon assis dans un fauteuil la tète entre les mains.Visiblement il n’avait pas encore récupéré du choc.  Mais il ne pouvait pas se permettre de rester trop longtemps ici. Effectivement, Sam a peine arrive vit un jeune homme de corpulence athlétique, cheveux fonces, avec des mèches blondes, vêtu d’un tee shirt Bob Marley et d’un jean moulant qui arborait un collier de corail noir. Ce jeune avait tout du bandolero, il se dirigea vers Rolph et entama une conversation animée avec lui.

Rolph en présence du jeune parut de plus en plus effraye. Sam le vit trembler a plusieurs reprises et jeter des regards désespérés dans toutes les directions.  A bien regarder le jeune, il lui sembla reconnaitre le passager du Lada auteur de l’agression.

Il comprit qu´il etait en face d´une tentative d´intimidation, peut etre pour faire tomber les dernieres reticences, en tous cas cela semblait efficace.

Au bout d’un moment le jeune s’esquiva après avoir lance un dernier geste a Rolph, un geste significatif sur ses intentions futures.

Peu de temps après le départ de l’agresseur Rolph quittait l’hôpital discrètement sans demander d’autorisation. Sam le suivit illico, non loin de l’hôpital de jeunes cubains pour gagner leur vie, stationnent leurs bicytaxis le long du trottoir dans l’attente de clients. Ce sont de petits gars délurés et malins, dotes d’une bonne résistance physique car il en faut pour gravir les montées de la capitale en véhiculant des touristes obèses…

22 octobre, 2007

Elle

Classé dans : Ludo,Poemes — Sbreccia @ 19:03

Mon Coeur, Mon Ame s’enflamme :
Un bonheur, une femme, m’exalte
J’ai peur je craques éclates
Tel un soleil -Rouge écarlate
Rayonnant sur Toi, sur ce sable,
La plage, l’été, l’orage d’été,
Et nous voilà enlassés,
Tendrement passionnés

Mon corps mon esprit s’embrase :
Je fais du passé table rase
Tu me regardes me sourit m’embrasse,
Ton regard me fixe rien ne t’efface
Il est minuit la passion nous enlasse
Ou que tu ailles je suivrais ta trace
Il est minuit la passion nous enlasse
Ou que tu ailles je suivrais ta brasse

Aujourd’hui j’aime cette femme,
Qui me suit, m’anime et m’enflamme
Sur mes joues s’écoulent quelques larmes,
Instant magique : le bonheur est là
Tout prêt de moi cette perle rare
Devient mon seul oriflamme
Tout prêt de moi cette perle rare
Devient mon unique oriflamme
J’ai envie de dire d’écrire,
A quel point tu m’éblouis
Tu m’emmènes dans un autre pays
Je te dis je t’Aimes -tu souris
Tout est naturel comme ce paradis
Qu’au fond de tes yeux je peux lire
Tout est naturel comme ce paradis
Qu’au fond de tes yeux je peux lire

Il y a dans mon coeur une Harmonie
Ton Amour est une somptueuse Symphonie
L’écrire, le chanter en Musique,
Ne saurait atteindre ce Sommet Enigmatique
Aucun couplet ne pourrait signifier
Le plaisir que j’ai, lorsque je te voies
Mon Coeur chavire mon corps frémit,
Ces yeux morts retrouvent vie :
Tu es celle qui me changera…

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