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Des photos de cette île où je vis maintenant pour vous faire rêver et oublier la grisaille des jours de tristesse...
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Quelques photos de Cuba…
Quelques photos de Cuba…
Jeudecriture se destine à supporter une association ayant pour but d’aider des enfants cubains. Cette association Loi 1901 sera créée dans les mois à venir et se destinera à distribuer des legumes aux enfants des écoles dans la banlieue pauvre de la Havane, mais aussi des cahiers, des stylos, des crayons ces fournitures étant rares et coûtant cher à Cuba.
Ceci sera possible grâce à l’achat de semences, le climat tropical de Cuba permettant des cultures toute l’année sans interruption, il existe aux antilles françaises des semences spécifiques aux pays tropicaux, leur culture dans des fermes privées proches de mon domicile et la distribution des légumes ainsi récoltés directement aux enfants des écoles.
C’est l’idée générale de cette Association qui portera le nom d’ALECuba (Aider les enfants cubains)..
Beaucoup de boulot pour mettre tout cela en route, surement pas mal de barrières à abattre, mais plutôt que de donner de l’argent aux familles en ne sachant s’il profitera aux petits ou servira à acheter une bouteille de rhum, je pense qu’il est mieux de leur fournir de quoi manger et peut être que sur place des familles consentiront à cultiver des semences qui leur seront fournies.
Jeudecriture informera ses lecteurs et auteurs interessés par cette démarche au fur et à mesure des progrès effectués, par des commentaires, des photos et si j’y arrive des vidéos tournées à Cuba.
Cette association sera ouverte à toute personne de bonne volonté, je suis réceptif à tout conseil, notamment sur la création de l’association et je répondrai à vos questions. Vous pouvez aussi si vous êtes interessé me le faire savoir en laissant un commentaire à la suite de cet article.
Amicalement..
P.S : jeudecriture sera un site gratuit, et ses participants n’auront aucune obligation à appartenir à l’association…
Un super film sur Cuba :

Imaginez la tête que vous feriez si en rentrant chez vous au milieu de la nuit vous trouviez votre petite amie entrain de jouer à « dada sur le bidet » avec un autre homme.
C’est ce qui arriva à Sam ce 18 Juin 2007. Son vol avait été retardé à cause d’un cyclone sur le golfe du Mexique et la porte franchie alors qu’il prenait un verre dans la cuisine il entendit un bruit bizarre provenant du couloir menant aux piaules.
Intrigué il se rendit vers sa chambre, un mojito à la main, et plus il avançait, plus les bruits se précisaient, c’était des ahanements, des plaintes puis des genres de rugissements.
Il ouvrit la porte et là, affairés : sa douce lolita avec un gugusse qu’il n’avait jamais vu auparavant, et devinez ce que trouva à dire la petite levrette dans sa surprise :
- »Sam disculpe, yo no presta atencion à eso mi amor… »
Faut le faire non..?
Il lui répondit bêtement :
- »Et bien qu’est ce que ce sera le jour où tu sauras ce que tu fais..? »
Et sans plus attendre, il reprit son sac de voyage et sortit dans la rue. Un coup de fil à son meilleur ami Kevin et il prenait un taxi pour la calle 10 de Octubre où c dernier louait une casa particular.
Arrivé dans le couloir de l’immeuble de Kevin il croisa un ivrogne qui le heurta en titubant et qui maugréa contre lui en claquant la grille d’entrée.
Sam grimpa les escaliers jusqu’au second, et arrivant à la porte de son ami s’appercut que celle ci n’était pas fermée. Il poussa le battant en appelant son copain. Aucune réponse, il entra et réitéra ses appels sans plus de chance. Personne dans l’appartement de trois pièces, aucune trace de lutte, visiblement pas de cambriolage et son pote envolé. Pas de propriétaire de la casa particular non plus, nadie de nadie.
Il se servit une bucanero dans le frigo et s’affala sur le sofa décidé à attendre son ami.
Il portait la bière à sa bouche lorsque la porte d’entrée s’ouvrit, et une superbe métisse entra en esquissant des mouvements de danse africaine. C’était une très belle fille vêtue d’une mini-jupe et d’un tee-shirt moulant qui mettaient en valeur ses formes splendides. Sans le regarder elle s’approcha de lui et lui tournant le dos agita ses fesses à hauteur de son visage.
Interloqué, il suivit les mouvements de son corps en frénésie à portée de main. L’image d’une cafetière électrique lui vint à l’esprit et il s’entendit crier : »wouah..! »
La fille sursauta et regarda Sam pour la première fois depuis qu’elle était entrée dans l’appartement. Elle écarquilla les yeux et poussa un hurlement en s’appercevant de sa méprise.
Sam lui plaqua une main sur la bouche pour faire cesser ces cris, ce qui eut pour effet de lui faire tourner de l’oeil…Embarrassé, Sam la transporta dans la chambre sur le lit. Il se rendit vers la cuisine pour prendre un verre d’eau, et en empruntant le couloir il ressentit un choc violent à la nuque.
Sous la violence du coup il chancela et essaya de se tenir au mur, mais un second coup de matraque l’envoya définitivement dans les pommes.
Sans aucune notion du temps, il ouvrit les yeux dans le noir le plus complet. La tête lui faisait mal, les chandelles dans ses yeux n’étaient pas encore éteintes. Et d’un seul coup violemment la pièce où il était allongé sur le sol s’éclaira.Sur une chaise un vieux type maigre le fixait méchamment et dans le prolongement de ses jambes, debout, deux malabars les bras croisés le dominaient.
- Ca fait beaucoup pour une même nuit, pensa t’il…
- »Alors, on se réveille Mr Kevin Shlom..? » C’était le vieux type qui venait de parler, il avait une voix nasillarde avec un fort accent étranger des pays de l’est.
« Alors Mr Shlom, où sont mes diamants..? »
« Des diamants, quels diamants..? Et puis je ne suis pas Mr Shlom, je suis un ami à lui.. »
- » Vous êtes un ami à lui, ironisa l’homme, et vous êtes dans son appartement à 3h00 du matin avec sa femme..? Azucar, rafraichis la mémoire de Monsieur..! »
Un violent coup de pied atteignit les côtes de Sam, porté par une des deux grosses brutes répondant au doux nom d’Azucar. Sam n’eût pas le temps de crier qu’un second coup l’atteignait au ventre lui coupant la respiration.
- »Alors Mr Shlom, la mémoire vous revient, peut-être pourrez vous me dire où sont mes diamants..? »
- »Attendez, attendez balbutia Sam en crachant un filet de sang, je vais tout vous expliquer…Je suis Sam Carpenter, l’ami de Kevin, d’ailleurs j’ai mes papiers là dans la poche arrière de mon jean.. »
Il porta la main à la poche, mais celle ci était vide. Il se souvint alors de l’ivrogne en bas de chez Kevin, en le bousculant il avait dû lui voler son portefeuille.
- »Mr Shlom, je perd patience, je crains de devoir vous laisser entre les mains d’Azucar si vous ne m’aidez pas…dit le boss d’une voix mielleuse. »
- »D’accord, je vais vous aider, que voulez vous..? »
- »Mr Shlom, vous m’avez volé pour 50.000 dollars de diamants, il n’y a que deux solutions pour vous…Ou bien vous me les rendez ou vous devrez me rendre un service… »
Sam réfléchit rapidement, il n’avait pas les diamants, restait la seconde solution pour rester en vie.
- »En quoi consiste ce service..? » demanda Sam mal assuré.
- »Je vois que je dois faire mon deuil des diamants Mr Shlom,et bien la seconde solution consiste à dérober une arme.. »
- »Une arme, quelle arme..? Vous devez avoir les moyens de vous payer toutes les armes que vous désirez dit Sam, la surprise passée.. »
- »Non Mr Shlom, cette arme n’est pas une arme ordinaire, c’est une arme de collection de très grande valeur. Il s’agit du revolver Remington 1870 avec crosse de nacre ayant appartenu à Che Guevara.. »
- »Che Guevara, rien que cela, ironisa Sam…Et où se trouve cette arme..? »
- »Mr Shlom, je vois que vous ne visitez guère les musées de La Havane, cette arme repose dans une armoire de verre dans la salle des Audiences du Capitolio.. »
- »Vous aurez bien du mal à la revendre. Et qu’est ce qui me dit qu’ensuite vous me laisserez en vie..? »
- »Mr Shlom à votre place je prendrai le pari, vous avez une semaine pour me ramener cette arme. Et surtout n’envisagez pas de quitter l’île, il n’y a que deux aéroports et aucun bateau ne quitte les ports. Bonne chance Mr Shlom.. »
Et les trois hommes, sans un mot de plus quittèrent les lieux. Ils disparurent avec autant d’aisance qu’ils avaient surgi dans son existence.
Sam se releva et examina les lieux, il était dans une cave, il emprunta les escaliers, la porte était ouverte, il se retrouva dans une rue qu’il identifia comme la calle San Raphael, il n’était pas loin du Centre Ville. La lumière extérieure l’aveuglait, il avait mal au crane et pour tout arranger il devait cambrioler un des états les plus policiers du monde.
Il entra dans un bar minable du quartier et commanda une « cristal » bien fraiche pour se remettre de ses émotions. Pendant qu’il buvait il réfléchissait au moyen de pénétrer dans la Salle des Audiences du Capitolio.
Le Capitolio est un pied de nez à l’Amérique, c’est la réplique du Capitole américain. Il accueille énormément de visiteurs, mais le gros problème est qu’il est gardé mieux que tout autre bâtiment officiel cubain, vu ce qu’il représente. Deux gardiennes féminines veillent sur les entrées de la Salle des Audiences où sont reçus les dignitaires étrangers.
Jusqu’à ce jour ses seuls accès au Capitolio avaient été réservés à la salle informatique mise à la disposition des touristes étrangers, salle que fréquentaient d’ailleurs quelques cubaines et cubains en mal de sites de rencontres.
Sam n’entrevoyant pas de solution dans l’immédiat décida de se divertir…
A la Havane l’après midi les lieux de divertissement ne sont pas légion, sorti des hôtels à touristes, des musées, des bars à gogos comme le Floridita ou la Bodega del Medio et si vous ne désirez pas vous retrouver rond comme une queue de pelle avant le souper, il est un endroit très agréable et avec un coin de fraîcheur appréciable par ces temps de grosse chaleur, c’est la terrasse du Bar Restaurant « El patio » sur la place de la Cathédrale. Là, à l’ombre avec le doux bruit d’une fontaine derrière vous, assis devant un jus de goyave naturel et bien glacé, vous pouvez écouter des musiques de l’Oriente dispensées par un des meilleurs orchestres de la ville.
Cela faisait trois quart d’heure que Sam était aux anges, tétant par intermittence un Cohiba siglo 6, attentif à en conserver la cendre le plus longtemps possible qu’il faillit s’étouffer de surprise en voyant la métisse de l’appartement de Kevin s’avancer vers lui.
- » Hola..! Comment allez vous et pourquoi avez vous disparu cette nuit, vous savez que vous m’avez fait peur..? » dit elle dans un français impeccable avec un ravissant accent cubain.
- »Vous m’en voyez désolé, mais qui êtes vous, je suis un ami de Kevin, Sam Carpenter, avez vous de ses nouvelles..? »
- »Anna Lisa Matos, sa secrétaire, Kevin est injoignable depuis hier au soir, il ne m’a toujours pas appelée et ne répond pas sur son portable.. »
Sam invita la belle à s’assoir et lui conta sa mésaventure de la nuit. Cette fille était agréable et ce qui ne gâtait rien, intelligente en diable. Lorsqu’il lui confia les instructions données par le boss concernant le revolver du Che, elle sursauta et eût un léger sourire.
Les femmes cubaines sont parmi les plus belles femmes du monde, dans ce pays le brassage des populations et le métissage ont donné des créatures à la peau douce et fine, aux traits réguliers, aux formes sensuelles et gracieuses. La cubaine selon Sam, présente plus de qualités que l’antillaise aux fesses en forme d’abat-jour, et qui passé un certain âge a généralement tendance à prendre un embonpoint regrettable.
Sam aimait ces femmes, et elles le lui rendaient bien, il aimait leur présence, la façon bien à particulière qu’elles avaient de se laisser aborder et le plaisir qu’elles prenaient à faire l’amour.
C’est vrai que nombre d’entre elles étaient volages et butineuses, ceci étant dû à leurs conditions de vie, il serait difficile de leur en vouloir, il fallait savoir en tirer son parti et se contenter de relations épisodiques mais pleines.
Sur ces considérations Sam s’était bien sur rendu compte que la cuisse d’Anna Lisa s’était rapprochée sous la table et qu’il pouvait maintenant sentir le contact de ses bas résilles sur sa peau…
Mais ce que lui raconta la cubaine monopolisa plus son attention. En effet Anna Lisa lui livrait qu’elle avait une amie prénommée Erika qui travaillait à la bibliothèque du Capitolio.
Une aubaine pareille ne pouvait se laisser passer. Sam avait besoin d’une empreinte de la clef ouvrant l’armoire de verre de la salle des Audiences, Erika pourrait elle l’obtenir..? Son plan dès à présent reposait sur ce point.
Anna Lisa consentit à s’en occuper, mais avant quelque chose lui tenait à coeur. Elle glissa une main sous la chemise de Sam et lui caressa la peau. L’invite était directe, impossible de refuser. Sam lui prit la main et se leva, Anna Lisa docile le suivit jusqu’à un cocotaxi qui les menèrent à l’appartement de la jolie cubaine…
Là, la décence nous empêchant de les suivre, laissons place à l’imagination.
Le lendemain Anna Lisa remettait à Sam une boîte de pate à modeler contenant l’empreinte de la clef, tout en demandant de lui rembourser les 500 cuc avancés pour décider une des gardiennes à fermer les yeux. Comment résister à l’appât du gain ici plus qu’ailleurs pensa Sam, tout s’achète dans ce pays, je n’ai pas encore rencontré une personne qui y résiste.
Pourquoi attendre, Sam décida de faire réaliser la fause clef et de se rendre l’après midi même avec Anna Lisa au Capitolio.
Après la montée des marches et le paiement à l’accueil, ils pénétrèrent dans le bâtiment où se dressait avec ses près de 18 mètres une statue représentant la République devant une flamme éternelle, de part et d’autre des galeries aux plafonds en caissons et des gardes de partout. Sam et Anna Lisa arrivèrent enfin à la Salle des Audiences gardée par deux femmes, une jeune et une plus âgée. Anna Lisa se dirigea directement vers elles et concentra leur attention.
A partir de ce moment là, tout se passa rapidement. Sam repéra le meuble de verre et sur une des étagères le revolver à crosse de nacre convoité. Il introduisit la fausse clef dans la serrure et s’empara de l’arme.
Mal lui en prit, car une sonnerie retentissante emplit la pièce et à chaque porte apparurent des hommes en arme qui se précipitèrent sur lui. Il leva les mains en l’air. C’est alors qu’au centre de la pièce le sol se creusa dans un bruit sinistre et qu’un escalier apparut. Les hommes lui firent signe de descendre, ce qu’il fit à contre coeur et se retrouva dans un long corridor aux murs duquel de nombreux téléphones pendaient suspendus à leurs fils.
L’ambiance était semblable à celle du film « Brasil », le corridor étant emprunté par des hommes casqués portant des oreillettes, ces hommes parlaient à des interlocuteurs invisibles. Le corridor traversait des salles dont les pans de murs étaient remplis de livres et de téléviseurs sur lesquels se reflétait le visage d’un homme, toujours le même, âgé et barbu, qui parlait de façon lasse et saccadée, enfin il arriva devant une porte dorée fermée. Un de ses gardes l’ouvrit, il fut poussé, bousculé et jeté dans cette pièce.
Dans cette mélée il reconnut le boss de la cave qui vint vers lui et lui dit :
- »Fort bien Mr Carpenter, vous avez passé avec brio l’épreuve d’entrée dans notre service. Nous vous avions déjà remarqué lors de votre mésaventure avec les douanes de notre pays. Vous n’avez pas froid aux yeux et ne manquez pas de ressort. Vous ferez partie à compter de ce jour des services secrets révolutionnaires de notre pays placés sous mon autorité. Je vous présente l’agent Matos votre coéquipière… »
Au cours de son séjour sur l’île Sam ne tarda pas à se rendre compte de la nécessité d’engranger un peu de graines pour tenir la distance. En effet les soussoux partaient vite et ce n’était pas sa maigre pension qui lui permettrait de tenir ad vitam aeternam ou en tous cas de changer d’horizon…
C’est ainsi qu’il eut l’idée de se lancer dans le commerce, tout en sachant qu’ici vu le régime le négoce privé légal c’était bernique et peau de balle, ou du moins hyper duraille du moment qu’on n’appartenait pas à la famille qui casse trop.
Cependant, comme tout le monde pratiquait au noir avec la plus grande prudence, lui même, pour s’aligner devait en redoubler (de prudence bien sur), car étranger oblige, si tu te fais prendre : adieu les jolies vacances
Aussi Sam se mit à cogiter chaudement, aidé en cela par quelques bouteilles de Habana Club (pub !!), jusqu’à ce qu’il eût l’idée géniale.
Il avait déjà remarqué à plusieurs reprises l’accoutrement de gugusses hommes ou femmes d’ailleurs qui se baladaient tout de blanc vêtu dans les rues. Imagines que pour l’homme c’était chaussures blanches, pantalon blanc, chemise blanche, casquette de golf blanche et parapluie blanc ; et pour la femme de belles robes en dentelles blanches et des foulards blancs sur la tête.
Un vieux de la vieille de la « pasteleria francesa » lui avait glissé à l’oreille que c’était des yabos, des adeptes de la Santeria qui honoraient ainsi leur saint Ochun pendant une année entière en ne portant que du blanc.
Et ça avait fait tilt, il se lancerait dans le commerce des casquettes blanches pour les yabos de la Havane. Fallait trouver le moyen de s’approvisionner et celui d’écouler.
Pour s’approvisionner il écuma les boutiques des Antilles jusqu’à trouver un libanais roublard qui lui dégota un stock à vendre.Pour écouler ce fut plus croquignolet car en tant qu’estranjero t’es repéré illico presto. Il eût l’idée d’en causer à des chauffeurs de taxi, ceux ci vu le défilé de personnes qui se faisaient transporter pouvaient aisément trouver des acheteurs. Quelques ménagères viendraient par la suite grossir son lot de VRP du bada blanc…
Les platanos semblaient baigner dans l’huile, et les pesos tomber dans l’escarcelle. Mais voilà au pays des cubanos y avait un os plus gros que l’œuf de Colomb mon coco : la dogana… Comment passer 200 casquettes blanches dans une « maletin » sans se faire repérer ? ?
Restait à se mettre en quête d’un douanier pratiquant « la lucha » tout en faisant gaffe de ne pas se gourer car sinon adieu les pesos…Et ainsi notre Sam arpenta des journées entières les allées de l’aeropuerto José Marti, reluquant les gabelous, mettant en pratique ses rudiments de socio-morphologie appris sur les bancs de la fac de Nice quand il ne séchait pas les cours. Il finit par en repérer un, un petit gros, la quarantaine, la bague au doigt portant des chemises froissées qui ne respiraient pas l’aisance. Celui ci se rendait tous les matins à la buvette des départs où il faisait du gringue à une serveuse, toujours la même…
C’était le bon endroit pour l’aborder, il s’installa sur un tabouret à 2 mètres de lui et attendit qu’il commande. Le gabelou s’envoya une « bucanero ».
— -« Il commence à la bière de bonne heure celui là, pensa Sam.. »
La serveuse se mit à se trémousser sous les regards salasses de notre homme et Sam entreprit par une série de clins d’œil de faire mousser notre crâne d’œuf de douanier. Au bout d’une demi-heure et de trois bières ils étaient copains comme cochons… Echange de numéros de téléphone, et rendez vous calle Obispo au resto sous les tonnelles pour dans deux jours..
Sam pouvait se frotter les mains tout semblait bien s’embringuer…
Deux jours plus tard, calle Obispo, une des rues les plus touristiques de la Vieille Havane, où il ne ferait pas tâche, il s’installa près de l’entrée du resto « la Cueva » au nom pas du tout, mais pas du tout de circonstances, et devant un mojito il attendit son homme. Celui ci ne tarda pas à arriver, visiblement la rencontre avec un étranger arrangeait ses affaires, il devait voir là le moyen d’arrondir sa fin de mois.
Sous la tonnelle d’Hibiscus et de vigne vierge salvaje, dans des sonorités de salsa et de danzon la conversation aborda le problème de l’argent à Cuba et les sempiternelles jérémiades sur la vie « que no es facil aqui » et autre « debe cambiar »…
Sam tout doucement laissa couler sa ligne, le poisson mordait seul sans plus d’appât à l’hameçon, suffisait d’un peu de temps. L’homme parlait beaucoup et Sam voyait en images ces pêcheurs du Malecon qui le soir s’installent sur le muret face à l’océan et à l’Amerique si proche et si lointaine…
Il sursauta lorsque « gras du bide » lui demanda s’il ne pouvait lui avancer 20 Dollars pour nourrir sa famille de trois enfants, vu que la paye tardait à rentrer ce mois ci et que…et que…
« Ca y est pensa t’il, il est ferré », restait plus qu’à remonter la ligne sans trop de brusquerie.
Et tranquillement, sans se presser Sam exposa son plan au douanier tout en faisant briller dans sa main un biffeton de 20 Dollars, de quoi monopoliser son attention et lever les quelques barrières, si tant est qu’il y en eût beaucoup de ce gabelou qui bavait sur ses sous… Au bout d’une heure, l’affaire était dans le sac, le plan était en place restait plus qu’à l’appliquer.
Il avait été convenu qu’une fois en Guadeloupe en possession des casquettes Sam passe un coup de fil à Elio (le douanier) pour le prévenir du jour et de l’heure de son arrivée afin que ce soit lui qui le réceptionne à la douane de l’aéroport. Il en fut ainsi, Sam la veille du départ eut Elio sur son portable, et celui ci conforta son « amigo » qu’il serait là pour déblayer le terrain. Elio en profita d’ailleurs, très pragmatique, pour lui rappeler que sa commission devait être payée avant qu’il ne franchisse les portes de sortie…
Et Sam prit l’avion avec ses casquettes pour yabos. Trois heures de vol c’est pas trop long, et quand t’arrives t’es encore frais. Il faisait presque nuit quand l’avion se posa et Sam se dirigea vers les toboggans des bagages après avoir passé l’immigration. Sur le toboggan il récupéra la valise contenant ses effets personnels, ne restait plus que la « maletin », mais voilà, le toboggan défila de longues minutes vomissant son flot de sacs, de cartons, de bagages, d’espions moustachus et toujours pas de « maletin ». A la fin, il ne restait plus que lui et un touriste rouquin arborant un tee-shirt marqué : Paradise-Martinique », ce gars avait l’air complètement à côté de ses pompes et sifflotait du John Lennon en esquissant des pas de mambo.
La porte des douanes s’ouvrit et deux gars à l’air sévère leur firent signe d’entrer. Sam s’attendait à voir Elio, mais pas d’Elio, pas de « maletin », ça commençait à puer l’arnaque.
La salle des douanes était séparée d’une autre pièce par une baie vitrée, et là derrière un bureau avec ordi : Elio, la tête basse qui évitait de le regarder. Et sur une grande table en fer sa « maletin » ouverte avec béantes les casquettes de golf à yabos… Sam ressentit un haut le cœur et la terre sembla se dérober sous lui. Le responsable des douanes s’approcha alors de lui et laconique lui livra le marché :
— « C ‘est 1500 Euros pour les casquettes ou rapatriement en Guadeloupe sans les casquettes.. »
Sam jeta un regard vers Elio, celui ci ne leva pas la tête, c’est clair il avait préféré l’avancement aux pesos. Et pour lui cela faisait cher la casquette, en tous cas pratiquement impossible de rentrer dans ses fonds. Il paya de mauvaise grâce, la mine sombre, prit sa « maletin » et quitta la dogana sans un autre regard vers Elio. En franchissant la porte coulissante menant vers les parkings bordés de palmiers cocos, la première personne qu’il vit sur le sol cubain, ce fut un homme tout de blanc vêtu avec une superbe casquette de golf blanche…
P.-S. Cette oeuvre est une pure fiction, toute ressemblance avec des personnes ou des faits existants ou ayant existé serait purement fortuite, l’auteur ne saurait en être tenu pour responsable.
J’adore les haricots rouges cubains (pour les initiés : les fijoles), ils les cuisinent avec du gras de cochon, la queue notamment ou les pieds, c’est bien gras, bien pateux et ça te tient au ventre…Par une journée de grosse chaleur, il n’y a rien de mieux pour t’inviter à une bonne sieste sur une « balanza » comme ils disent ici, un rocking cheur chez vous en Iourope…
…Oui, je sais je dis chez vous, car pour moi c’est plutot compliqué pour me situer, vu que je suis né en Suisse à Lugano, d’un père naturalisé Paraguyen et de mère inconnue, eh oui, c’est pas courant, mais cela existe, la preuve…
— - Mes haricots rouges, je m’en suis regalé hier midi, accompagnés de platanos frits dans une bonne dose d’huile, de quoi te faire grimper le taux de cholesterol au zenith…
La gourmandise c’est mon péché mignon, vous l’auriez deviné…Mais quand ma mulata me hace los fijoles comme le hurle la chaine hi fi de Jorge mon voisin, je deviens loco…loco.
J’etais en pleine degustation à m’en decrocher les machoires, quand soudain dans le ciel de San Miguel del Padron…Ah oui, je ne vous l’ai pas dit, mais vous l’auriez deviné, je vis dans la grande banlieue de La Havane, ah c’est pas la banlieue parisienne, c’est moins triste, bien que quand tu vois l’etat de la plupart des maisons tu as l’impression d’entendre les paroles de ce chanteur mexicain Marco Antonio Solis qui sous des allures de christ ressucité te sussure : »Les toits en cartons sur les maisons en carton…etc »…Mais heureusement il y a la vegetation luxuriante, ça rattrape…
Quand je vois ce spectacle, j’ai envie de me mettre au piano comme dans ce film superbe où un gars hyper friqué se mit en tête de faire traverser à un bateau un bras de terre entre deux fleuves en pline Amazonie pour donner un concert dans la jungle.L’acteur principal c’etait cet allemand qui joua dans Aguirre ou la colere de Dieu..Ah Sam, mon vieux Sam tu as des pertes de mémoire parfois.
Pour être plus précis, avant de voir, j’ai entendu…Oui un bruit effroyable qui fit resonner le toit de ma terrasse, plus fort qu’un coup de tonnerre, car ici les coups de tonnerre on connait…Tous les jours à la météo de la T.V on t’annonce des « chuvascos », des tourmentes electriques et en Juillet et Août quotidiennement on y a droit.
Non, vraiment, là ce fut un degré au dessus et je me dis : »Sam, mon vieux Sam… » Je ne vous l’ai pas dit, je me nomme Sam Carpenter, ça fait un peu detective privé de Chicago, non.. ?
Oui je me dis, que là ce bruit il tenait du surnaturel, et j’en oubliais mes fijoles. Mais rapidement apres le bruit ce fut une pluie hallucinante de projectiles qui criblerent mon jardin et ma terrasse.Par chance, aucun ne m’atteignit… Et en plein milieu de mon plat de platanos qu’est ce que je vois : un morceau de beton, mais beton de chez beton… Et tout de suite après des hurlements et des pleurs.
Entre deux sanglots je reconnais la voix de Marissela, ma voisine d’en face, qui passe ses journées à laver sa terrasse à grands coups de seau d’eau. Faut dire que je n’avais pas regardé dans la rue, mais à entendre ses cris j’ai zieuté sur les maisons d’en face, et là qu’est ce que je vois.. ? Un tas de morceaux de beton repandus sur quelques dizaines de metres autour de la maison de Marissela, et de l’eau de partout. Et en plein milieu de la rue, le camion du pipero, le pipero vert de peur sur le toit de Marissela…
Et là, tilt, je pige, c’est le tanque sur le toit de Marissela qui a explosé projettant ses parois de beton tel des soucoupes volantes sans blesser notre pipero couleur Martien qui s’en est sorti avec une jaunisse…
L’explication, je l’ai eue ensuite, le mari de Marissela avait tardé à faire appel au camion citerne d’eau, le reservoir ou tanque était vide depuis plusieurs jours et fermé, sous la chaleur s’était produit un effet de four, et lorsque le tuyeau d’arrosage du pipero debita l’eau fraiche, pas besoin de vous faire un dessin…